dimanche 25 mai 2014

Rémunérations des joueurs, réalignement des conférences, création d'une super ligue : les dossiers chauds de la NCAA

Jamais l'institution anachronique n'avait autant tremblé sur ses fondations




Un procès qui va faire date

Ed O'Bannon est peut-être en train de gagner son bras de fer contre la tout puissante NCAA alors qu'on donnait il y a encore peu de temps pas cher de son combat pour la reconnaissance des droits des étudiants-athlètes. En effet, le juge Claudia Wilken a décidé que la plainte était bien recevable et que le procès commencerait le 9 juin prochain. Mais de quoi s'agit-il exactement ? L'histoire remonte à 2009 : Ed O'Bannon, ancien joueur d'UCLA champion universitaire en 1995 et ex-professionnel de la NBA, s'aperçoit que son nom et son apparence apparaissent dans des jeux vidéos sans sa permission et sans évidemment contrepartie financière. Il porte plainte contre la NCAA et est bientôt rejoint par des grands noms du basket comme Bill Russell ou Oscar Robertson. On l'a bien compris,si les plaignants obtenaient gain de cause, il s'agirait d'un séisme-à l'image de l'arrêt Bosman dans le football européen- pour tout le sport universitaire américain qui draine des centaines de millions de dollars de revenus dont les joueurs ne voient jamais la couleur. Car le fondement de la NCAA est l'amateurisme pour ses athlètes. Et ne lésine pas sur les principes. Combien de fois a -t-on entendu parler de suspensions contre des joueurs qui se seraient fait payer un billet de train par un agent de joueur, ou pour avoir vendu ses propres chaussures de basket ? Vous avez dit rétrograde ? L'hypocrisie est flagrante et on se demande encore comment la NCAA peut encore s'arc-bouter contre l'évolution du sport au XIXe siècle. Ce procès va être fortement médiatisé car les enjeux sont énormes. Tout d'abord une issue favorable aux plaignants leur permettrait d'accéder à une part du gigantesque gâteau des revenus publicitaires des deux sports universitaires majeurs (football américain et basket). Ensuite, la mentalité des joueurs universitaires serait totalement différente. S'ils sont garantis de toucher les bénéfices de l'utilisation de leur image une fois leur carrière universitaire terminée, cela pourrait calmer certains impatients qui cherchent à faire monétiser le plutôt possible leur potentiel par la NBA. Nous allons suivre de près ce procès car ses conséquences seront forcément déflagratoires pour le sport universitaire américain.


Le réalignement des conférences

Décidé en 2011, le gigantesque mouvement de réalignement des conférences a connu son pic la saison dernière et devrait s'atténuer dans les années à venir. Comme souvent dans le sport universitaire américain, tout est parti du football américain, sport universitaire n°1 en matière de revenus. Et de l'aveu même des principaux responsables, la raison de ce tremblement de terre qui a affecté la quasi totalité des conférences est l'argent. Car l'exposition médiatique est l'objectif principal des universités. Les revenus de la télévision sont de plus en plus importants. Et pour cela, il faut faire partie des conférences les plus fortes donc les plus exposées. Et plus la fac sera visible et positivement ressentie dans le pays, plus elle pourra être convoitée par les étudiants ce qui fera rentrer de l'argent dans les caisses de l'université. Ce réalignement aura comme conséquence immanquable, le nivellement des valeurs entre les principales conférences et les autres. Et si c'était cela le véritable objectif ?

Le Super 6, le projet secret

Ce n'est plus un secret pour personne car depuis plusieurs années, les coulisses du sport universitaire bruissent de rumeurs. Ce serpent de mer, qu'on peut appeler Super League, Super 6 ou bien Super Conférence réunirait, dans le cas du basket, les six conférences les plus en vue : la Big Ten, la Big 12, l'ACC, la SEC, la Pac 12 et la Big East dans une même division, séparée des autres conférences, jugées trop faibles et trop peu exposées médiatiquement parlant. Dans une pure logique mercantile et capitaliste, on se demande même ce qui retient encore le pouvoir sportif. Plus de compétition entre les grandes institutions du pays génèrera toujours plus de retombées financières. Ce serait malheureusement une suite logique. Malheureusement, oui. Car, à l'instar de la Champions League en soccer, il n'y aurait plus de place pour la petite équipe sans gros moyens mais avec un collectif et un entraîneur qui feraient de merveilles et créeraient des surprises. Car on parle là de sport, d'incertitude du résultat. Mais voilà, la gourmandise est toujours le défaut le plus répandu sur cette terre...

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